Interview Meilha
Pour la quatrième interview, c'est Meilah qui m'accorde son temps. Autrice de Dark romance, je l'ai découverte avec Ravagés. Tout de suite j'ai adoré sa plume et la complexité des relations entre ses personnages.
1 ) Pourquoi t'es-tu lancé dans l'écriture ?
D'aussi loin que je me rappelle, j'ai toujours voulu être écrivaine.
Quand j'étais au collège/lycée, j'ai commencé à écrire des fictions illustrées avec des screens des sims 2 que je postais sur skyblog (oui, c'est vieux ). En parallèle, je noircirais mes carnets avec des morceaux d'histoires qui n'allaient nulle part. Puis, en L1, je me suis lancé dans le défi Nanowrimo. Je devais écrire 50 000 mots en un mois. Tous les jours, je m'asseyais à la cafét de la fac et j'écris dans mon carnet avec mon casque sur les oreilles pour atteindre mon quota. En faisant ça, j'ai acquis une habitude et une discipline qui ne m'ont jamais quittée, et j'écris tous les jours depuis.
2 ) Comment est née ta passion pour l'écriture ?
Je dois avouer que personne ne m'a transmis l'amour que j'ai pour l'écriture, ni dans mon entourage ni parmi les écrivains que j'apprécie. C'est simplement une passion qui m'a toujours appelée.
Quand j'avais autour des 7-8 ans, je me rappelle avoir déclaré haut et fort, pour la première fois, que c'était ÇA que je voulais. C'était un peu une promesse de moi-même à moi-même, et toute ma vie j'ai travaillé (et je travaille encore) pour la tenir.
3) Ta routine quand tu écris ?
Rien de très original ahah : il me faut du thé (fumant l'hiver, glacé l'été), de la musique, et une connexion internet. C'est à peu près tout ! ☕️
4 ) Qu'est-ce qui t'a donné envie de partager ton histoire en ligne ?
La reconnaissance ? Le partage ? Le désir d'obtenir des retours et de m'améliorer ? Le petit espoir que les plus grands pourraient me remarquer ? L'envie de faire la fangirl avec des lectrices qui aimeraient mes histoires autant que moi je les aime ?
Un mix de tout ça, soyons honnêtes 🤓
5) Depuis combien de temps tiens-tu tes réseaux sociaux ?
Aucune idée… deux / trois ans peut-être ?
6 ) Comment décrirais-tu ton univers et ton identité d'auteur ?
Vaste question ! J'ai toujours aimé la romance et la fantasy, c'est donc ce que j'explore depuis toujours (en me concentrant sur la romance dernièrement, mais je passerai à la fantasy quand j'en aurai terminé avec l'univers de Maddie et Margot).
Ensuite, j'aime tout particulièrement écrire des histoires brutes de vérité. Si tout est rose, édulcoré, et qu'il n'y a aucun ancrage à la réalité, ça ne m'intéresse pas. Je veux du sombre, du sale, de l'émotionnel. Je veux questionner les aspects les plus dérangeants de la psychologie et des liens humains.
Enfin, j'essaie au maximum d'élaborer des récits qui prennent aux tripes. Pour moi, c'est essentiel que le lecteur ait l'impression de quitter des amis et/ou un univers familial en référant le livre, que les mondes et les personnages que je crée semblent être en trois dimensions.
7 ) Les messages importants dans vos histoires et pourquoi ?
L'amour triomphe toujours ? 😏😏😎
Non, en vrai, je cherche à poser des questions auxquelles moi-même je n'ai pas de réponses : doit-on embrasser sa part d'ombre pour survivre, quoi qu'il en coûte ? L'amour et le désir de protéger nos êtres chers suffisent-ils à justifier tous nos actes, même les plus répréhensibles ?
Je crois que c'est ce que j'aime par-dessus tout dans l'écriture : me permettre à moi en tant qu'autrice, et à vous en tant que lecteurs, d'explorer des univers, des émotions, des sentiers moraux (ou non) qui nous sont inaccessibles dans la vie réelle
8 ) Comment structures-tu tes histoires ?
Parfois je m'organise, parfois j'y vais au talent ! J'essaie toujours de poser et de structurer mes idées avant d'entamer l'écriture, en suivant le squelette narratif proposé dans « Save the Cat ! Writes a novel». Puis, au fur et à mesure que j'écris, je n'hésite pas à m'en détacher et à prendre des libertés.
Souvent, j'écris jusqu'au blocage, puis je me pose et je réfléchis à ce qui coince (il manque quelque chose à mon récit, le ton n'est pas le bon, la dynamique entre X ou Y personnage me dérange, le POV n'est pas le bon, ça manque de profondeur, etc…). Une fois que j'ai trouvé un élément de réponse, j'ouvre un nouveau document Word et je recommence du début en corrigeant ce qui n'allait pas
En faisant ça, j'offre à mes histoires l'opportunité de mûrir dans ma tête et de devenir plus que ce que j'avais imaginé initialement. Pareil pour mes personnages : plus j'écris, plus j'apprends à les connaître, et plus j'affine leurs interactions et leur évolution dans le récit.
Ce n'est d'ailleurs pas rare que de nouvelles idées émergentes en cours d'écriture, parfois même très tard dans le processus, et que je doive faire des changements conséquents pour les intégrer (est-ce que c'est la galère ? Oui. Est-ce que ça me rend folle ? Aussi. Mais ça fait partie des choses que j'aime, et ce sont ces détails et cette persévérance que j'ai toujours chercher à améliorer mes textes qui me rendent fier du résultat 🐸).
9 ) Est-ce que pour toi on doit nécessairement classer ses histoires dans des tropes et happy end / sad end ?
Je suis mitigée… D'un côté, s'imposer des tropes avant d'entamer le processus d'écriture peut nous limiter. On coupe l'aspect organique d'une histoire, en la forçant à emprunter certaines directions qui ne sont pas toujours naturelles avec le déroulement de l'histoire.
D'un autre côté, je trouve que ça peut aider à poser un cadre, et à ajouter de la profondeur au récit. Par exemple pour Meurtris, lorsque j'ai réfléchi à mes tropes (après avoir déjà écrit le plus gros de l'histoire), je trouvais qu'il en manquait. J'ai donc rajouté celle de « brat vs dominant », qui résonnait avec mes protagonistes, et j'ai modifié de nombreuses scènes et interactions entre mes personnages pour que ça colle. Et la dynamique entre eux est bien plus intéressante ainsi !
En outre, je pense qu'on peut s'imposer des tropes, mais il faut aussi savoir écouter son cœur quand on écrit et ne pas hésiter à s'en détacher.
Pour ce qui est d'annoncer les tropes et les fins heureuses ou tristes, personnellement je suis pour, parce qu'on sait exactement dans quoi on s'engage. Mais j'ai conscience que beaucoup de lecteurs sont contre, et on ne pourra jamais mettre tout le monde d'accord ahah !
10 ) Comment as-tu su que ta première version de la scène dans l'église de Ravgé ne correspondait pas au développement de Maddie ?
Quand je commence à écrire, j'ai déjà une idée claire de la direction que va prendre mon histoire.
Cela dit, il y a aussi une grosse part d'intuition de sentiment.
Parce que j'ai beau avoir un plan, une structure, des idées limpides, il y a toujours des parties d'ombres que je dois éclairer en cours d'écriture.
Et j'ai appris à écouter mes instincts pour me détacher de ce plan.
Par exemple pour Meurtris, j'avais une idée précise
de la manière dont ça se terminerait, et en cours d'écriture
je me suis rendu compte que non, ça me pouvait pas se terminer ainsi,
mais d'une façon drastiquement différente.
Ce n'est pas toujours évident à accepter, parce que chaque
aspect de mes histoires
est tellement étroitement tissé au reste que le moindre
changement en engendre forcément de nombreux autres,
mais je ne tourne jamais le dos à ce que me murmurent
mes instincts d'autrice
parce qu'au fond, je sais que c'est cette direction que l'histoire doit prendre.
Pour la scène bonus de Maddie, c'est simplement que je connais mes personnages ahah !
Je les ai vus naître et grandir, j'ai aussi un regard sur ce qu'ils vont devenir (que vous n'avez pas encore), et je sais que ce n'est pas cohérent qu'elle vive un plan à 4 avec les potes de Caleb, avec qu'elle vit un amour fort et réparateur avec lui.
Un grand merci pour votre lecture, je vous invite à suivre Meillah sur ses réseaux @hvneymccnm, vous pouvez la retrouver dans vos bibliothèques. Meutris disponible
sur wattpad.
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